Australie – Portraits de backpackers 3/3 : « Petit pays, je t’aime beaucoup » mais je te quitte

Chaque année, ils sont près de 210 000 à séjourner en Australie, munis du précieux visa permis vacances-travail (PVT) ou Working Holiday Visa (WHV). Celui-ci permet de travailler pendant un an sur le territoire australien. Il est renouvelable une deuxième année à condition de justifier de 88 jours travaillés dans l’outback ou le bush, c’est-à-dire les régions isolées, en zone rurale agricole. A partir de juillet prochain les backpackers pourront désormais rester jusque 3 ans dans le pays, mais seulement s’ils sont employés au moins 6 mois dans des régions rurales agricoles.

Alors que l’Australie assouplit sa politique d’immigration pour répondre à un besoin de main-d’œuvre agricole important, je suis allée à la rencontre des principaux concernés.

Benjamin et Priscilla sont amis de longue date. Ils ont fêté leurs 28 et 26 ans au Sri Lanka il y a quelques jours. Les Nantais viennent d’arriver en Australie, motivés pour travailler en fermes avant de voyager en Asie. En fond sonore, Petit pays, je t’aime beaucoup du groupe nantais Hocus Pocus accompagne cette interview.

Priscilla, Benjamin, Mathis et Ludvig viennent d’acheter une voiture pour chercher un job en fermes

B : Pour nos parents, nos grands-parents, la vie c’était métro boulot dodo. C’était comme ça. C’était le schéma classique à respecter. Avoir le même travail toute sa carrière aujourd’hui, ça me parait fou. Maintenant les gens font des gamins autour de 30 ans, voire plus. Tu vois rarement des gens à 20 ans avoir des gosses. Ça doit être un phénomène générationnel. On est beaucoup à vouloir garder notre liberté et vouloir la garder le plus longtemps possible. Quand j’ai dit à ma grand-mère que je me barrais, elle m’a demandé « Mais pourquoi tu vas là-bas ? T’es pas bien en France ?! » Si mais… La vie toute tracée, j’ai horreur de ça.

Avant, j’étais très posé. J’aurais pu avoir des enfants aujourd’hui. Mais ce n’était pas ce que je voulais dans le fond. J’ai toujours voulu bouger mais j’avais ma nana depuis longtemps, mon taf, je bossais dans l’affaire familiale. Dans une autre vie j’ai été moniteur auto-école. Je travaillais en famille avec mon père, mon frère. Le déclic c’était juste le besoin de changer, de découvrir autre chose. J’avais fait le tour du boulot en 7 ans. Travailler en famille ça n’a pas été tout le temps facile. Depuis deux ans je fais les saisons comme barman : l’été à Clisson, l’hiver à la montagne. Comme ça j’ai pu voyager en Asie.

P : Moi je suis assimilée fonctionnaire, je suis en congés sans solde, je n’ai pas démissionné. J’ai une date de retour, fin 2019. Mais si je veux rester plus longtemps ici je peux envoyer un e-mail à mon chef pour reculer la date. Mais dans tous les cas, quand je reviens à Nantes, j’ai du boulot qui m’attend même si ce n’est pas le job de mes rêves.

Anaïs Molé

Passionnée de voyages et d'aventures, Anaïs a quitté son travail dans l'organisation d'événements culturels à Rennes pour voyager. Curieuse, toujours en quête de rencontres et de découvertes, elle aime capturer l'atmosphère de ses voyages à travers l'écriture.